Zoom sur les véritables dangers du tourisme sexuel

La transformation des pays de destination en un gigantesque parc de plaisir représente une préoccupation majeure. Ci-après les dangers du tourisme sexuel.

Les conséquences psychologiques et sociales du tourisme sexuel

Les dangers du tourisme sexuel résident avant tout dans l’affaiblissement psychologique ainsi que la dégradation de l’image de la personne concernée vis-à-vis de la société. En effet, les individus impliqués dans un acte de prostitution sont les plus souvent victimes d’une stigmatisation et d’une exclusion sociale virulentes. Cette marginalisation est d’autant plus accentuée lors que les prostitués créent des liens intimes avec les touristes étrangers et passagers. Par exemple, en Tunisie, les «bezness» ou hommes prostitués se sentent réellement perdus face à un modèle socioculturel assez conservateur. Ils sont aliénés socialement, ce qui porte atteinte à leur bien-être. En ce qui concerne les effets psychologiques, le tourisme sexuel tend à créer une sorte de rapport d’exploitation similaire à l’esclavage sexuel. La relation qui lie les prostitués et les touristes étrangers est souvent une relation de dominance accompagnée d’actes de violence atroces. Cela engendre dans l’immédiat un effet dépressif chronique qui peut mener à l’auto-culpabilité, voire au suicide. Aussi, les voyages sexuels sont indissociables à la consommation de drogues et d’alcool, ce qui pourrait amener les prostitués à entrer dans une phase de dépendance irréversible. La consommation de stupéfiants conduit évidemment à un délabrement mental dû à des syndromes de stress post-traumatiques sévères.

Les méfaits du tourisme sexuel sur l’état de santé des prostitués

C’est sur le plan sanitaire que les dangers du tourisme sexuel sont les plus préoccupants. Des spécialistes de la santé publique évoquent des maladies gynécologiques, des maladies dues à la défaillance du système immunitaire (tuberculose, VIH/sida), mais également des maladies difficilement perceptibles telles que l’hépatite C. Pour ce qui est des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/sida,  bon nombre d’auteurs sont arrivés à une conclusion selon laquelle l’augmentation du taux de prévalence de cette maladie virale est positivement corrélée avec l’ascension fulgurante des moyens de transport internationaux (environ 100 000 cas diagnostiqués en 1980 contre 20 millions dès 1993). La principale cause de cette croissance vertigineuse du Sida est le tourisme sexuel. Cette situation dramatique est de plus en plus aggravée par des relations sexuelles non protégées. Ainsi, les résultats d’une enquête réalisée en Angleterre dès les années 90 révèlent que les touristes interrogés ont tendance à s’accoupler avec une personne qu’ils viennent à peine de rencontrer. C’est d’autant plus vrai quand les personnes qui travaillent dans le domaine touristique s’adonnent à des aventures intimes avec des partenaires sexuels occasionnels. Les relations homosexuelles entre touristes et prostitués sont également l’un des facteurs de propagation de maladies sexuelles les plus dangereux de la planète, d’autant plus que l’homosexualité s’institutionnalise de plus en plus dans les sociétés occidentales. Enfin, des lacunes sont observées dans certaines politiques de lutte contre le tourisme sexuel, surtout dans les pays en développement. Cette situation s’explique par un manque de moyens et de volonté politique.